Aller au contenu principal

Six financements de l’Agence Nationale de la Recherche pour des équipes de l’IPBS

Vers de nouveaux antituberculeux

Avec 1,4 million de décès et 10 millions de nouveaux cas chaque année, la tuberculose reste un problème majeur de santé publique. L'émergence de souches du bacille tuberculeux résistantes aux antibiotiques ajoute une dimension alarmante à cette crise chronique, encore aggravée par la pandémie de COVID-19. Les objectifs du projet Beam4TB, coordonné par Hédia Marrakchi (IPBS), sont d'évaluer les propriétés pharmacocinétiques et la toxicité de lipides acétyléniques (LACs) dont les structures sont inspirées de celle d’un anti-infectieux extrait de plante, de déterminer leur efficacité thérapeutique contre la tuberculose, d’élucider leur mécanisme d'action et d'identifier leurs cibles. Ce projet pourrait permettre le développement de nouveaux antituberculeux au mode d’action original.

Lutte contre le paludisme

Le paludisme tue encore plus de 600 000 personnes par an dans le monde. Il est à craindre que la situation ne s'aggrave depuis que la résistance aux artémisinines (les principaux antipaludiques actuels) est apparue en Asie du Sud-Est il y a environ 13 ans. Le projet MAG4, coordonné par Dennis Gomez (IPBS) et impliquant l’équipe de Françoise Benoit-Vical (Laboratoire de Chimie de Coordination, Toulouse), vise à explorer une stratégie originale pour proposer des médicaments antipaludiques nouveaux basés sur de petites molécules qui ciblent spécifiquement des structures d'ADN particulières, les G-quadruplexes, présentes dans le génome mitochondrial du parasite Plasmodium falciparum.

Migrations des macrophages dans l'inflammation et le cancer

Les macrophages sont présents dans tous les tissus où ils assurent l'homéostasie et l'immuno-surveillance. Cependant, lorsque leur infiltration est dérégulée, ils favorisent la progression de plusieurs pathologies dont les inflammations chroniques et le cancer.

Les podosomes sont des structures d'adhérence des macrophages leur permettant de naviguer dans les tissus en dégradant la matrice extracellulaire. Le projet NanoTopoAdhesion, coordonné par Renaud Poincloux (IPBS), vise à élucider les mécanismes moléculaires impliqués dans la capacité des podosomes à sonder la rigidité de leur environnement. Basé sur des techniques de pointe d’ingénierie et d'imagerie, ce projet pourra ouvrir des perspectives thérapeutiques originales dans le cadre de pathologies où le recrutement des macrophages est délétère.

Caractériser et cibler les structures alternatives de l'ADN

Les structures alternatives d’acides nucléiques recouvrent l’ensemble des structures de l’ADN qui diffèrent de la double hélice (dite « de Watson et Crick »). Ces structures font l’objet d’intenses efforts de recherche visant à comprendre où, quand et comment elles se forment au sein de nos cellules. Parmi ces structures, les jonctions d'ADN à trois voies sont des structures en forme de Y dont la prévalence dans les génomes et les fonctions biologiques restent encore mal comprises malgré leur association probable avec plusieurs maladies, telles que les maladies d’Huntington et de Steinert. Le projet inJUNCTION vise à développer et utiliser des outils chimiques innovants pour cibler et étudier ces structures spécifiques d'ADN. Ce projet implique l’équipe de Sébastien Britton (IPBS) et est coordonnée par David Monchaud (Institut de Chimie Moléculaire de l'Université de Bourgogne, Dijon).

Migration des megakaryocytes et thrombopénie

La thrombopénie correspond à une baisse de la numération plaquettaire exposant à des risques hémorragiques, en particulier chez les patients traités par chimiothérapie. Les plaquettes sont produites par les mégacaryocytes dans la moelle osseuse. Une étape clé et encore mal comprise dans la formation des plaquettes est le passage des mégacaryocytes au travers de la barrière des vaisseaux (intravasation). Le projet MegaPod, impliquant l’équipe de Renaud Poincloux et Christel Verollet (IPBS), et coordonné par Anita Eckly-Michel (Unité Inserm 1255, Strasbourg), vise à étudier, sur le plan fonctionnel et moléculaire, une structure cellulaire particulière, la « PodoPZ », formée d’un réseau d’actomyosine organisé en podosomes interconnectés, et permettant la libération des plaquettes dans la circulation sanguine. Ce projet pourrait ouvrir la voie à de nouveau traitements de la thrombopénie.

Inflammasomes et maladies de la peau

Affectant plus de 3% des adultes, le psoriasis est l'une des maladies de la peau les plus courantes. Des preuves d’une prédisposition génétique au psoriasis existent, avec l'association de polymorphismes des récepteurs NLRP1 et NLRP3 formant des inflammasomes avec un risque plus élevé de psoriasis. De plus, la dérégulation d’enzymes de la famille des RhoGTPases, comme Rac, a également été associée au psoriasis en plaque chez l'homme. Le projet PSICOPAK, impliquant l’équipe d’Etienne Meunier (IPBS) et coordonné par Laurent Boyer (Centre Méditerranéen de Médecine Moléculaire, Nice) vise à élucider le lien existant entre l'activation de Rac, l’activation des inflammasomes NLRP1 et NLRP3 par l’enzyme Pak1, une cible de Rac, et le phénotype inflammatoire de type psoriasis. Ce projet pourrait conduire au développement de nouvelles stratégies pour le traitement du psoriasis.